Winston Churchill l’exprima clairement avec un brin d'espièglerie et beaucoup de pertinence : “la démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes”. Alors que nos élections municipales viennent juste de s’achever, on peut saisir l’instant pour passer au tamis de cette formule lapidaire le fruit d'élections, ici et ailleurs.
grotesque
Hors de nos frontières, l’exemple états-unien interpelle forcément avec les affres que suscite Donald Trump, leur nouveau président depuis 2025. Un autocrate en puissance n’hésitant pas à faire étalage de son amoralité, de sa mauvaise foi. Un président qui rassemble, dans son bureau ovale et sous le regard du monde entier à travers les caméras, d’influents évangélistes pour l’encourager dans son égo guerrier contre une théocratie. Un triste fanfaron sans vision stratégique. Un langage vulgaire et confus, truffé de fautes de syntaxe et de phrases sans queue ni tête, de sarcasmes et d’invectives. Bref, un grotesque personnage sans culture néanmoins élu pour diriger une puissance mondiale.
Au niveau international, la tendance sociétale qui ouvre des horizons institutionnels à l’extrême droite par la voie démocratique n’est pas plus rassurante au regard des valeurs de base de la démocratie. Ainsi, par exemple, peut-on méditer sur l’élection démocratique au Chili d’un président de la république qui se revendique ouvertement héritier idéologique du général Pinochet, terrible dictateur qui prit le pouvoir après un putsch sanglant il y a une cinquantaine d’années.
coquille vide
Dans cet esprit, je suis effrayé à l’idée que non seulement l’extrême droite puisse prendre les rênes du pouvoir en France dès l’an prochain après un lourd travail de dédiabolisation de son image, mais aussi que son candidat puisse en devenir le président compte tenu de son profil. Certes son allure de propre sur soi et de jeune gendre idéal pourrait expliquer sa popularité dans les sondages, mais il n’en demeure pas moins une “coquille vide” comme l’a qualifié son ancien conseiller en communication. Incapable d’argumenter et débattre au-delà des éléments de langage qu’on lui a inculqués : un cyborg de communication politique !
indignité
Pour ce qui concerne nos récentes élections municipales, je ne ferai pas ici d’analyse politique, seulement partager mon trouble face à certains biais du processus démocratique.
Comme par exemple dans le cas d’Arcachon, comment peut-on arriver à élire un maire qui, à peine sa victoire entérinée, invective, insulte et menace lourdement son opposant ? Comment de tels grossiers personnages peuvent-ils passer à travers les filtres d’un processus démocratique où le respect et la dignité en sont des piliers fondamentaux ?
jeu des 7 familles
Un autre biais majeur de ces élections m'apparaît à l'échelle de nos villages où le choix des électeurs obéit très souvent à des réflexes claniques qui s'appuient sur l’existence de liens personnels, amicaux ou familiaux, voire de “tranchées idéologiques” partagées quand bien même celles-ci n'ont absolument aucun rapport avec les enjeux de la vie locale. Ainsi donc, le futur de beaucoup de nos villages se décide-t-il sur une sorte de partie de jeu des 7 familles plutôt que de procéder d’un choix raisonné fondé sur la qualité, le sérieux des programmes et profils de compétences des candidats !
dans nos villages
En conclusion, en actant ce bref questionnement sur le processus démocratique, pourrait-on ainsi voir élus comme maires de nos villages, de grossiers personnages tout à la fois coquilles vides, sans vision stratégique rationnelle, avec une conception défaillante de la laïcité, incultes, au langage vulgaire et confus, aux propos trompeurs pendant la campagne, et incapables d’au moins faire semblant de vouloir rassembler à peine intronisés ? … “Élections, piège à c⟳ns” clamait-on en Mai 68.
Jean-Michel Cabanes
/image%2F4865274%2F20200601%2Fob_c1a04b_wall-2222376-1920.jpg)